Sanction disciplinaire : comment ça fonctionne ? Que risque le salarié ?
L’entreprise est un lieu de travail réglementé. En cas de non-respect des règles, le salarié s’expose à une sanction disciplinaire prononcée par l’employeur. Dans quels cas cette sanction peut-elle être mise en œuvre ? Quelles sont les règles à respecter par l’employeur ? Quelles sont les conséquences pour le salarié ?
Quand parle-t-on de sanction disciplinaire ?
La sanction disciplinaire est décidée par l’employeur quand un salarié a un comportement considéré comme fautif au sein de l’entreprise, c’est-à-dire un comportement non conforme à l’exécution du contrat de travail signé entre le salarié et l’employeur. La faute peut prendre plusieurs formes. Elle peut être liée au non-respect des règles de discipline en vigueur dans l’entreprise, fixées par le règlement intérieur de l’établissement (obligatoire dans les entreprises d’au moins 20 salariés). Une sanction disciplinaire peut aussi être prononcée si le salarié refuse de se conformer à un ordre de l’employeur, s’il fait preuve de violence, s’il profère des insultes ou des injures envers l’employeur, en cas d’erreurs et de négligences dans son travail et si le salarié ne respecte pas son obligation de discrétion et de loyauté dans l’entreprise.
La faute reprochée au salarié par l’employeur revêt plusieurs niveaux de gravité : légère, sérieuse, ou grave si elle entraîne des troubles sérieux et ne permet pas le maintien du salarié dans l’entreprise, ou encore lourde si le salarié a voulu nuire à l’employeur ou à l’entreprise par son comportement. La sanction disciplinaire prononcée par l’employeur doit être proportionnée à la faute commise par le salarié.
Quelles sont les différentes sanctions disciplinaires ?
Dans les entreprises de plus de 20 salariés, le règlement intérieur définit la nature et l’échelle de la sanction disciplinaire. Cette dernière peut prendre la forme d’un simple blâme, d’une mise à pied du salarié sans versement de rémunération, d’une rétrogradation dans ses fonctions, d’une mutation ou d’un licenciement pour faute sérieuse, grave ou lourde.
Le droit du travail ne considère pas, par contre, comme sanction disciplinaire les observations verbales de l’employeur faites au salarié qui a commis une faute. Le législateur a défini une longue liste de cas où la sanction disciplinaire est interdite. Il s’agit de sanctions qui prennent la forme de pénalités en argent, prises en lien avec l’origine, le sexe, l’âge, etc., du salarié ou encore liées à l’exercice normal du droit de grève.
Quelles sont les règles à respecter par l’employeur ?
L’employeur qui souhaite appliquer une sanction disciplinaire à l’encontre d’un salarié doit le convoquer à un entretien préalable, par lettre recommandée ou remise en mains propres contre signature, et lui signifier qu’il peut se faire assister d’un autre salarié de l’entreprise. Cet entretien permet à l’employeur d’indiquer les motifs de la sanction disciplinaire envisagée et au salarié de s’expliquer sur le comportement fautif qui lui est reproché.
A l’issue de cette rencontre, l’employeur doit avertir le salarié par écrit de la sanction disciplinaire décidée à son encontre. Cette sanction ne peut pas être appliquée par l’employeur moins de deux jours ouvrables, ni plus d’un mois, suivant le jour fixé pour l’entretien préalable. L’employeur ne peut pas non plus mettre en œuvre une sanction disciplinaire passé un délai de deux mois après la constatation de la faute.
Quelles sont les conséquences d’une sanction disciplinaire pour le salarié ?
Dans les cas les plus graves, la sanction disciplinaire entraîne, immédiatement ou non, le départ du salarié de l’entreprise, c’est ce qu’on appelle la "mise à pied conservatoire". Dans les autres cas, la sanction disciplinaire peut avoir des conséquences sur les fonctions, la carrière ou la rémunération du salarié.
La sanction disciplinaire peut aussi entraîner le licenciement du salarié. Le licenciement peut être prononcé pour faute grave, donc sans préavis ni indemnités pour le salarié, ou pour faute lourde, avec en plus des conséquences du licenciement pour faute grave, le non versement des congés payés dus au salarié.
Il est possible pour le salarié concerné de contester une sanction disciplinaire. Il peut le faire dans un premier temps personnellement lors de l’entretien avec l’employeur ou par l’intermédiaire des représentants du personnel de son entreprise. Si le salarié estime être trop lourdement sanctionné, il peut saisir le conseil de prud’hommes, seul compétent en matière de jugement de sanction disciplinaire.
Autres conseils et idées pour le comité social et economique
-
Qu'est-ce qu'un représentant de proximité (RDP) ?
Avec la création du comité social et économique (CSE), les anciennes instances représentatives du personnel – les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) et le comité...
-
CSE d'une entreprise de plus de 50 salariés : quelles particularités ?
Un comité social et économique (CSE) doit obligatoirement être mis en place dans les entreprises d’au moins 11 salariés. Cette instance fusionne les trois instances représentatives du...
-
Le trésorier du CSE : quel est son rôle et ses missions ?
Le comité social et économique (CSE) d’une entreprise d’au moins 50 salariés a l’obligation de nommer un trésorier, tout comme un secrétaire. Le trésorier est désigné parmi les élus...
-
Le secrétaire du CSE : quel est son rôle et ses missions ?
Le comité social et économique (CSE) est composé de l’employeur et de membres élus titulaires et suppléants qui représentent les salariés. Une fois le CSE désigné par des élections, un...
-
Liste des salons CSE 2026 avec dates partout en France !
Parmi les différents moyens de découvrir de nouveaux prestataires pour votre comité social et économique ou assimilé, il y a les salons spécialisés. Les plus importants se tiennent sur...
-
Comment est financé le Comité social et économique (CSE) ?
Le Comité social et économique (CSE) remplace toutes les anciennes instances représentatives du personnel (délégués du personnel, comité d’entreprise et comité d’hygiène, de sécurité...
-
Comment démissionner du CSE ?
Le comité social et économique (CSE), l’instance unique de représentation du personnel, mis en place dans toutes les entreprises d’au moins onze salariés est composé de l’employeur et...
-
Comment aborder le marché des CSE (ex CE) ?
Avec près de 40 000 CE et CSE en France, ces instances représentatives du personnel représentent un marché à fort potentiel pour les entreprises qui proposent des services ou des produits. Leurs...
-
Un chef d'entreprise peut-il empêcher la création d'un CSE ?
Toutes les entreprises qui emploient au moins 11 salariés ont l’obligation de mettre en place un comité social et économique (CSE). Cette institution remplace les trois anciennes instances...
-
CSE d'une entreprise de moins de 50 salariés : quelles particularités ?
Toutes les entreprises d’au moins 11 salariés doivent obligatoirement mettre en place un conseil social et économique (CSE), organisme instauré par la loi Travail de décembre 2017. Cette...
-
Être élu au CSE : qu'est-ce que ça implique en termes de temps et d'investissement ?
Le CSE est mis en place obligatoirement dans toutes les entreprises de plus de 11 salariés. Ses membres sont élus pour une durée de 4 ans, quelquefois moins (2 ou 3 ans) si un accord collectif...
-
Quelles sont les missions et rôle du CSE (Comité Social et Économique) ?
Le CSE est la nouvelle structure qui va remplacer progressivement les instances représentatives du personnel dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés, d’ici le 1er janvier 2020. Le...

